Le 30 octobre, le département américain du commerce a annoncé que l’économie US avait connu un taux annuel de croissance du PIB (1) de 7,2% au cours du troisième trimestre 2003. Le 25 novembre on a corrigé ce chiffre vers le haut à 8,2 %. Du fait que ces statistiques sont constamment révisées, on peut se demander ce que cela signifie vraiment ( la “ productivité miracle ” de la seconde moitié des années 90 a presque disparu lors des révisions rétrospectives à la baisse après le crash de mars 2000).

Quelle que soit la situation, il est clair que l’administration Bush (2) pousse pour tout stopper dans la stratégie en vue de sa réélection pour 2004. On n’a pas besoin de croire dans un “ cycle commercial politique ” pour reconnaître que le gouvernement américain dispose de suffisamment d’outils pour regonfler l’économie jusqu’à l’année électorale. Le plus connu dans l’histoire de ce type de stratagème fut la reflation (3) initiée par Nixon en 1971-1972, reflation basée sur le contrôle des prix et des salaires, sur la réforme du “système de Bretton Woods (4) ( signifiant une surcharge de 32% sur les importations étrangères et une augmentation importante ( pour cette période) des dépenses de l’Etat fédéral et du déficit public), ceci pour assurer sa réélection en 1972. Après quoi, l’inflation s’envola, le système de Bretton Woods s’écroula et les USA et le monde plongèrent de 1973 à 1975 dans la récession économique la plus profonde depuis les années 1930.

Naturellement, Nixon se préoccupait des tendances à long terme qui pouvaient s’annoncer bien au delà de sa stratégie électorale, mais le but de ce “cycle commercial politique ” était de reporter la crise pour après les élections entraînant le maximum de souplesse pour “faire quelque chose” après avoir consolidé le pouvoir politique . Ce qui ne peut être contesté , c’est qu’il y eut trois années (2000-2003 de dégringolade des cours de bourse aux USA et sur le marché boursier mondial dans lequel des milliers de milliards de dollars s’évaporèrent et une “récession douce” qui, de nouveau basée sur ces statistiques douteuses qui sont constamment manipulées à des fins politiques.

Le taux de chômage officiel de 6% (5) dans la période 2001-2003 n’inclut pas les 1% de la population américaine en prison, pas plus que tous ceux qui ont entièrement abandonné le marché du travail ou ceux qui travaillent à temps partiel ( aussi peu que quelques heures par semaine) et qui voudraient bien travailler à temps complet. Si l’on inclut ces fractions de la population exclue des statistiques, le taux de chômage réel peut être estimé à environ 11%. En réalité, 2.700.000 emplois ont disparu dans l’économie américaine depuis l’an 2000 et il n’y a eu depuis que très peu de modification dans les chiffres de l’emploi.

Il est tout aussi clair que depuis janvier 2001, Greenspan (6) et la Banque Fédérale de Réserve craignent la possibilité d’une crash déflationniste de grande ampleur suite à la fin du boom high-trech ( dans lequel il fut découvert par exemple que 98% des câbles en fibre optique posés au cours des années précédentes ne seraient jamais été utilisés) . Le taux de la Banque Fédérale ( celui auquel cette Banque prête aux établissements bancaires) tomba de 6% à 1% en juin 2003 et tout le monde emboîta le pas. A cela s’ajoutérent les réductions d’impôt de Bush pour les riches ( environ 200 milliards par an) et l’augmentation rapide du déficit fédéral (estimé à 375 milliards de dollars (7) pour 2003) depuis le budget en équilibre obtenu ( avec quelques astuces comptables) dans les dernières années du précédent président, Clinton ( Il est quelque peu comique de voir les Démocrates attaquer maintenant les Républicains pour ce déficit budgétaire énorme).

Finalement le déclin du dollar après 2002 ( 40% contre l’euro, IO% contre le yen) (8) vise à rendre les produits américains moins chers outre mer ce qui n’a pas encore réduit les 500 milliards de déficit de la balance américaine des paiements, mais , a accru le coût des produits importés, ce qui devrait à brève échéance entraîner une inflation aux USA En même temps les USA doivent emprunter quotidiennement 1,5 milliard de dollars pour couvrir ce déficit et couramment prendre 40% de l’épargne mondiale (9).

L’estimation minimale de 2.000 milliards de dollars de dette ( 10 mille milliards détenus par les étrangers compensés par les 8 mille milliards investis par les USA à l’étranger) signifie que le total de la dette étrangère américaine est déjà de 20% du PIB, un niveau typiquement équivalent à celui d’un pays du Tiers-Monde .Déjà, 1% du PIB est consacré au paiement des intérêts dus au titre de la dette extérieure. La vague présente d’euphorie du marché qui tend à faire croire que la dégringolade années 200-2003 est révolue est basée sur ces indices (parmi d’autres) sur le papier d’une expansion qui n’a pas encore modifié aucune des tendances fondamentales d’une crise dans les années écoulées mais est plutôt basée surtout sur l’expansion des liquidités que nous venons de mentionner. Malgré tout le battage de la fin des années 90 sur la Nouvelle Economie et la “révolution” high-tech, il semble que la santé de l’économie américaine dépende encore de la bonne volonté et de la capacité des américains à acheter des maisons et des voitures à crédit, exactement comme il y a 40 ans. Les trois-quarts des profits des entreprises aux USA généralement “paraissent bons” mais comme les commentateurs de “l’école autrichienne” comme Richebacher (10) l’ont souligné, ces résultats sont généralement acquis par le succès des licenciements et des réductions d’activité dans les firmes américaines. La stratégie de base d’ouvrir le crédit a réussi à amener la dette des “consommateurs” américains au plus haut de tous les temps, à commencer par des mécanismes ingénieux de refinancement des emprunts hypothécaires, mettant des centaines de milliards de dollars de pouvoir d’achat aux mains de la classe moyenne, basé sur le développement d’une bulle de l’immobilier dans tout le pays (mais actuellement en train de plafonner). Cette bulle, comme la bulle du dollar, suivra le destin de la bulle high-tech plus tôt. L’espoir de Greenspan et de Bush était que l’accroissement des dépenses de consommation maintiendrait l’économie en vie jusqu’à ce que les dépenses des firmes en capital fixe redémarrent, le schéma classique des précédents redémarrages après les récessions depuis la seconde guerre mondiale. Pourtant , avec les firmes US tournant à 75% de leur capacité et luttant encore pour sortir de leur endettement des années du boom, ces dépenses en capital fixe ne se sont pas encore vraiment manifestées. Un des meilleurs indices du manque de confiance des capitalistes dans la récente reprise se voit dans l’augmentation rapide du prix de quelques denrées de base (11) un autre parallèle avec la reflation des années 1971-1973) , augmentation emmenée par l’or, qui a augmenté de 20% en 2003.

Il est maintenant important de se tourner vers les dimensions internationales de la “reprise” américaine qui sont encore perçues comme primordiales ici même aux USA. Il y a quinze ans, le principal déséquilibre de l’économie internationale apparaissait entre les USA et le Japon. Les marchandises japonaises conquéraient les marché intérieur américain et les dollars US s’accumulaient à la Banque du Japon. Aujourd’hui, tout se focalise de plus en plus sur le déséquilibre de la balance commerciale entre les USA et la Chine alors que l’activité de ce pays remodèle la division internationale du travail. Le moteur de base de la prospérité a été pendant des années des exportations de l’Asie vers les USA en échange de réserves de dollars. On estime que la Chine, le Japon , Taïwan et la Corée du Sud possèdent à eux seuls 1.000 milliards de dollars ; la plus grande partie des cet argent est recyclé vers le marché des capitaux américains ( par exemple la dette du gouvernement) ce qui rend possible un accroissement encore plus important du crédit et par suite de la consommation intérieure aux USA. Comme l’Europe dans les années 50 et 60, les puissances industrielles asiatiques permettent aux USA de financer leurs déficits avec leur propre endettement extérieur (IOU). Des tendances similaires, mais pas à la même échelle sont toujours visibles aujourd’hui avec l’Europe et les détenteurs de dollars de l’OPEC. (12)

Cette centralité du dollar dans l’économie mondiale est la principale énigme qui doit être élucidée en vue de tracer la voie d’une compréhension des futures possibilités d’accumulation. Le dollar a été en crise depuis 1998 quand le système de Bretton Woods commença à s’effondrer et il a survécu à cet effondrement (1971-1973) et trois décades d’un pur et simple “dollar standard” ( en contraste avec les précédent “gold exchange” (13) standard de 1944-1971) Pendant cette période, l’industrie américaine fut amenuisée, externalisée et vidée de son contenu. Avec l’émergence de la Chine, même les usines de la maquiladora à la frontière Mexique – USA (14) sont délocalisées à Shenzhen (15)
Les pays étrangers ont compensé les déficits américains pendant 45 ans, le prix de leur accession au marché intérieur américain. Les contre-tendances à une chute brutale du dollar incluent les investissements directs étrangers aux USA ( en partie pour contourner le choc en retour protectionniste prôné par quelques secteurs de l’industrie américaine tout comme par quelques organisations syndicales) et par la rapatriation des profits des investissement encore considérables des USA à l’étranger. Mais aucun commentaire pour qualifier l’étendue du déclin économique depuis les années 50 ne peut dissimuler le caractère de plus en plus fictif de l’économie américaine dans se globalité et que les étrangers jugent comme “trop grande pour échouer”. Un indice montre cette tendance vers une économie de plus en plus fictive mieux que tout autre: celui de “q Tobin” (16) , le concept bourgeois s’exprimant dans le taux de la valeur totale en capital fixe par rapport à son coût de remplacement.

Une étude montre que ce taux a fluctué autour de 1 pour tout le 20èmè siècle jusqu’à 1995 avec des déviations évidentes en dessous ( la période de crise et de déflation des années 30) et au dessus ( la période inflationniste des années su boom des années 60 et 70). De 1995 à 2002, l’indice q de Tobin pour le capital fixe américain est monté jusqu’au niveau vertigineux de 2,11. Le crédit rendant cela possible était largement développé par l’apport des étrangers. Une telle augmentation coexiste avec une augmentation similaire du dollar au cours des mêmes années, à la suite des années de faible dollar des années 85-95. Les investissements étrangers dans des actifs en dollars après 1995 furent un “ cercle vertueux ” dans lequel des profits considérables ( par exemple l’engouement pour le marché des actions) étaient alimentés par une croissance constante du dollar. Débutant en l’an 2000, le “ cercle vertueux ” se mua en cercle vicieux, avec l’effondrement du marché boursier se conjuguant avec la chute du dollar de sorte que les investisseurs étrangers perdaient par les deux bouts. En 2002, les investissements directs aux USA étaient devenus négatifs et le chef de la Banque Centrale Européenne, Wim Duisenberg se demandait ouvertement si le déclin “inévitable” du dollar serait une retraite progressive ou une panique brutale.

Mais, on ne comprend plus rien alors au seul problème de l’économie et il est essentiel de regarder la “politique” dans la critique de l’économie politique pour tenter de voir jusqu’à quand les USA réussiront à faire payer au reste du monde leur déclin et leur crise. Le succès ou l’échec en cela déterminera la durée de la reprise américaine présente ” dans une croissance avec perte d’emplois”. Le problème fondamental pour le capitalisme américain est globalement dans la circulation de la masse de capital fictif ( dans l’immédiat représenté par les deux mille milliards de dette extérieure) qui s’est développé pendant plus de 45 années d’ hégémonie du dollar ainsi subventionnée, rendant possible cette valorisation du capital en extrayant un montant adéquat de plus value (nous ne considérons même pas ici les mille milliards inconnus rattachés au marché global des dérivatifs(17) et à celui des hedge funds) (18) . C’est la clé de la politique étrangère américaine dont le but est de briser toutes les barrières subsistant à une telle extraction de la plus value. Elle s’est accomplie à travers les politiques néo-libérales du FMI et de la Banque Mondiale, saignant à mort des milliards de gens dans 80 pays du Tiers-Monde. Cela s’est poursuivi par l’ouverture de l’ex bloc soviétique et par un pillage extraordinaire de ses vastes ressources naturelles ( dans le cas de la Russie seule), la plus grande chute démographique dans l’histoire moderne en temps de paix. Cela s’est poursuivi par l’ouverture de la Chine dont l’économie après 20 années d’une croissance annuelle de 8 à 10% est maintenant en danger de surchauffe” par son absorption de tant de surplus en dollars. Cela s’est poursuivi par l’ALENA ( 19 ), la zone de libre échange avec le Canada et le Mexique et actuellement a l’intention de s’étendre à toute l’Amérique Latine.

La politique américaine maintenant frappe à la porte de ce qui reste des blocs commerciaux, l’Europe et les puissances industrielles asiatiques qui opposent des obstacles à l’espèce de pillage néo-libéral des actifs par un “gouvernement du monde des affaires” qui aux USA a produit le meltdown (20) de la période postérieure à l’an 2000. Les USA ont pris un avantage important suite à la crise asiatique de 1997-1998, contraignant la Corée du Sud et d’autres pays à s’ouvrir pour des “réformes” ( les études courantes estiment que 3,3 millions d’emplois dans le secteur des services émigreront des USA vers l’Inde d’ici 2015, faisant de ce pays, concurremment à la Chine une nouvelle source de pillage). Les USA ont établi de fortes bases en Eurasie avec des troupes installées de la Géorgie à l’ Uzbekistan ( et la Pologne et la Roumanie concédant des bases américaines) et une politique visant à conserver les déficits commerciaux avec l’Europe, la Russie , l’Inde , la Chine et le Japon qui doivent rester soumis aux besoins de la “seule superpuissance restante” du monde. A moins que et jusqu’à ce que l’ Union Européenne puisse développer une puissance politique et militaire correspondant à sa dimension économique, le plus grand obstacle à cette stratégie américaine de contraindre le reste du monde à les subventionner, son déclin est l’Asie et finalement la Chine. (21)

Même depuis la crise de 1997-98, les puissances asiatiques ont tenté de bâtir un bloc commercial similaire à celui de l’ Union Européenne et de l’ALENA qui impliquerait finalement une union douanière, une monnaie asiatique et quelque chose ressemblant à un Fonds Monétaire Asiatique indépendant du FMI (Les Japonais ont fait des propositions à ce sujet, seulement pour être rembarrés par les USA). IL est évident à chacun que les enjeux ultimes dans cette stratégie sont de briser la dépendance de l’accès au marché américain et de la résultante accumulation de dollars en échange de marchandises. En conséquence ( comme le fit le secrétaire américain du Trésor Robert Rubin lors du meltdown asiatique) les USA ont ridiculisé de telles tentatives, tout juste comme ils ont pu constamment ( à travers la Grande Bretagne, l’OTAN, et plus récemment dans les guerre d’Afghanistan et d’Irak) agir pour entraver l’unification européenne.

Cette brève analyse n’a , jusqu’à présent rien dit de l’autre obstacle potentiel à la gestion de la crise capitaliste américaine; la classe ouvrière américaine. C’est en partie parce que , depuis 1973, le capital américain a poussé vers la diminution du standard de vie pour 8O% de la population américaine, sans rencontrer beaucoup de résistance. Un reflet de ce succès est la chute du taux de la grève tombé presque à zéro. Mais ils est possible justement que cette attaque sur la classe ouvrière ait atteint le point d’où il ne peut aller plus loin Les énormes pertes supportées par les fonds mutuels ( fonds de retraite ou autres) des travailleurs ordinaires lors de l’effondrement des marchés boursiers, la disparition accélérée des retraite pour des millions de personnes, le coût exponentiel des soins de santé privés, les scandales financiers des firmes dans les années récentes ( Enron , Worldcom, Tyco, etc..), l’écoeurement croissant devant les indemnités payées à leurs hauts dirigeants par les entreprises mises au pillage ( ou les 139 millions de dollars payés à Richard Grasso, ancien dirigeant du NewYork Stock Exchange) ont quelque peu érodé la base populiste de droite soutenant la politique néo-libérale d’austérité des 30 dernières années.. Les grèves des supermarchés et des transports de Los Angeles ont vu un mouvement de large sympathie populaire et un soutien que l’on n’avait pas vu depuis longtemps . Pour ramener la salaire minimum aux USA (6?50$ de l’heure) à son pouvoir d’achat d’ il y a trente ans signifierait le porter à 18$ ; même une offensive modérée de la classe ouvrière pour regagner le terrain perdu dans ces trois décades pourrait marquer la fin de l’empire du dollar.

Notes

1. PIB, Produit Intérieur Brut, GDP ( Gross Domestic Product ) en anglais est une sorte de fourre-tout eù entrent un tas d éléments dont certains n’ont rien à voir avec la production de marchandises et qui peuvent être manipulés à loisir. Bien que cela serve toujours de référence pour l’activité économique les variations per exemple de l’indice de la production industrielle donnent une bien meilleure indication de cette activité.

2. Il s’agit évidemment ici de Bush junior, l’actuel président des USA
3. Le terme “ reflation ” désigne un accroissement de l’activité économique engendrée essentiellement pas l’injection de monnaie et de crédits
4. Les accords de Bretton Woods en 1944 tentaient d’organiser un système monétaire international en réglementant les relations de change entre les monnaies nationales. Le Fonds Monétaire International (FMI) créée en cette occasion devait, par un mécanisme compliqué intervenir pour empêcher des fluctuations trop importantes des principales monnaies mondiales qui devaient restées définies en relation à l’or ou au dollar basé aussi sur l’or ( et seule monnaie convertible en or). Le déséquilibre des échanges internationaux et l’accumulation de dollars hors USA, entraîna la chute de ce système et l’abandon par Nixon en 1971 de la convertibilité or du dollar ce qui rompait en même temps la relation du dollar avec les autres devises et entraîna une dévaluation du dollar. Ce furent dès lors et jusqu’à aujourd’hui uniquement les marchés qui réglèrent les cours respectifs des monnaies (ce qui se définit par flottement, mais n’est pas exclusif de manipulations monétaires pour tenter de freiner les mouvements trop brutaux préjudiciables aux équilibres financiers)
5. C’est un fait bien connu que le taux de chômage aux USA est peu fiable car, effectué comme ailleurs par sondages, il élimine systématiquement le travailleur à temps partiel, même n’ayant travaillé qu’une heures dans la semaine. De plus, dans la période récente, outre les précisions apportées dans ce texte, la guerre d’Irak, mobilisant non seulement l’armée de métier mais également les réservistes de la Garde Nationale ( plus de 200 .000 hommes encore sous les drapeaux et dont l’activité économique doit être assumée par des embauches d’où la réduction présente du nombre de chômeurs
6. Greenspan est le directeur actuel de la Feceral Reserve Bank, la Banque Centrale des Etats-Unis.
7. Nous n’avons pas donné l’équivalent euro des sommes en dollars ; en gros, il y a encore peu on pouvait considérer que un dollar valait un euro , ce qui reste pratique pour de tels calculs, même à considérer la baisse présente du dollar.
8. L’euro, d’abord unité de compte puis unité monétaire commune à différents pays de l’Union Européenne. Lancée le 1 janvier 1999, elle était alors pratiquement en parité avec le dollar ( 1 euro pour 1 dollar) mais ce taux a décliné peu à peu pour atteindre celui de 0; 80 euro pour un dollar et remonter ensuite jusqu’à avoisiner aujourd’hui celui de 1,20 euro pour 1 dollar
9. cela fait approximativement 45 milliards de dollars par mois. La mesure de la crise aux USA peut être donnée par les derniers chiffres d’entré de ce type de capitaux aujourd’hui. Les achats de titres américains divers avaient atteint 76 milliards en moyenne dans les six premiers mois de 2003 et 50 milliards en août. En septembre ils n’ont atteint que 4,2 milliards de dollars, un incroyable retournement de tendance qui coïncide avec la dépréciation du dollar sur les marchés financiers.
10. L’école autrichienne dont il est question ici représente une fraction des théories néo-libérales dont l’intention était de fournir des recommandations sur les politiques économiques à suivre pour enrayer le chômage et l’inflation des années 1970. Ces théories ont inspiré et inspirent encore les politiques économiques de la plupart des pays occidentaux depuis les années 1980. On peut juger, à la mesure de la crise actuelle, les résultats de telles orientations.
11. Tout récemment, les cours des matières premières essentielles ont atteint des niveaux records ( par exemple pour des produits aussi divers que le nickel (20%), l’huile de palme (48%), le coton (15%), le soja (35%) et le reste à l’avenant ). Comme d’habitude, les commentateurs cherchent d’autres raisons que celles venant des problèmes posés par l’évolution du capitalisme mondial par exemple comme l’écrit Le Monde (13/11/2003) ce serait que “ la Chine fait flamber les prix des matières premières ”
12. OPEC – Organisation of Petroleum Exporting Countries – Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole – est une sorte de cartel des principaux producteurs mondiaux , la plupart des pays arabes, ceux d’Amérique Latine, d’Afrique et l’Indonésie, dont le but est de tenter une régulation des prix par un certain contingentement de la production.
13. “ dollar standard ”, “ gold exchange standard ”, voir note (4) sur les accords de Bretton Woods. Ces temres définissaient les références pour la fixation du cours des monnaies nationales.
14. Maquiladora fut le nom donné à la zone frontalière entre le Mexique et les USA, où nombre d’industries américaines furent délocalisées dans les décennies écoulées pour garantir des taux sans précédents d’exploitation des travailleurs mexicains émigrants de tout le Mexique et de toute l’Amérique Centrale. Non seulement ces travailleurs ne bénéficiaient d’aucune protection sociale mais à ces conditions de travail maintenues par une semi-dictature et la corruption s’ajoutaient les conditions d’une vie dans des bidonvilles insalubres. Pourtant, ces dernières années, des luttes avaient rendu moins rentable pour le capital US l’exploitation de cette masse de main d’œuvre proche des marchés US ce qui a entraîné l’exode des industries vers des pays plus “ accueillants ” dont la Chine.
15. Shenzhen fut en Chine la première “ Zone Economique Spéciale ” destinée à permettre aux firmes occidentales d’exploiter l’inépuisable main-d’œuvre chinoise à des conditions garanties sans équivalent dans le monde capitaliste. Juxtaposée à Hong Kong, la ville est devenue une mégapole industrielle de plusieurs millions d’habitants dont le développement s’étend dans toute cette partie côtière de la Chine, drainant les esclaves salariés de toutes les campagnes du sud de la Chine.
16. du nom de James Tobin, économiste néo-libéral américain qui cherche des solutions pour réduire la pauvreté par la croissance et le plein emploi et ce faisant à forgé une thèse de l’investissement productif concentrée sur les actifs productifs. L’indice q exprime le coût de remplacement du capital investi. Tobin est devenu célèbre par sa proposition de financer mondialement les investissements en question par la taxation des transactions de change dite “ Taxe Tobin ”, destinée soi-disant à décourager les spéculations et à renflouer les économies des pays pauvres, célébrée par les mondialistes de tout poil enthousiasmés par cette nouvelle mouture de réformisme keynésien.
17. “ dérivatifs ” ou “ produits dérivés ” est un marché boursier qui spécule non sur les titres mais sur des éléments de ces titres : les taux d’intérêts, les risques de change ou toute autre forme de risque concernant ces valeurs mobilières. C’est une sorte de marché libre parallèle peu réglementé où circulent des capitaux énormes.
18. “ Hedge Funds ” c’est une autre forme de spéculation financière basée sur une sorte d’arbitrage entre capitaux engagés notamment dans les opérations sur les monnaies (on peut avoir une idée de l’ensemble des capitaux engagés dans toutes ces opérations boursières lorsqu’on constate que les seules opérations sur ces monnaies à l’échelle du monde atteignent plus de 50 fois la valeur du commerce des biens et des services dans une période donnée.
19. ALENA (Accord de Libre Echange Nord Américain) ( NAFTA – Noth American Free Trade Agreement) conclu entre les USA , le Canada et le Mexique pour la libre circulation des marchandises ( par des habitants) dont les USA ont tiré le plus grand profit et qui a, par exemple, ruiné l’agriculture mexicaine. Les USA exercent actuellement de fortes pressions sur les pays d’Amérique Latine pour étendre ce “ Marché Commun ” aux continents américains, une sorte de réponse à la montée de l’Union Européenne.
20. “ meltdown ” nous avons laissé ce mot anglais qui exprime la désintégration ( notamment du cœur d’un réacteur atomique où l’arrêt du système de refroidissement entraîne la fusion des éléments de ce cœur).
21. Ce problème semble prendre une grande dimension avec le développement récent d’un rapide développement des échanges entre la Chine et l’Inde dont les économies complémentaires pourraient effectivement être les éléments centraux de ce pôle asiatique redouté par les USA.